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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 12:03

Un article informatif qui concerne tout le monde et pour le moins surprenant après la polémique lancée par le Canard Enchaîné sur la propreté relative des matériels (ré)utilisés en endoscopie et les démentis formels de la profession notamment concernant les examens dans les MICI. L'alerte arrive finalement là où on l'attendait le moins, dans ce que l'on pensait un automatisme pour chaque professionnel de santé au contact d'un patient ou avant chaque examen ... simplement de se laver les mains !

Un article documenté et en libre expression de René Lambert pour le @ journal d'hépato-gastro-entérologie (http://www.ejournal-hge.fr/)

Les infections nosocomiales sont acquises en milieu hospitalier ; elles ont un impact significatif sur la sécurité des patients, la mortalité en milieu hospitalier et la qualité des soins médicaux. Les mains du personnel soignant (médecins, infirmières, aides-soignants) sont le véhicule le plus probable de la transmission des germes pathogènes, comme l'avait déjà souligné Semmelweis autour de 1850 à propos de la fièvre puerpérale. Les germes les plus connus, responsables d'infections nosocomiales en endoscopie, sont le Staphylocoque Doré, résistant à la méthicilline, et le Clostridiulm Difficile. Si la majorité des cas reconnus d'infection après endoscopie sont liés aux conditions de désinfection des endoscopes ou de leurs accessoires; la transmission de l'infection par les mains du personnel en contact avec le patient est au contraire très difficile à reconnaître et souvent méconnue. L'importance de l'hygiène des mains du personnel soignant vient d'être soulignée dans un éditorial de la revue Endoscopy. Le défaut d'adhésion aux prescriptions d'hygiène des mains dans les unités de soins intensifs avait été souligné en 2010 dans une étude multicentrique qui révélait une compliance plus faible des médecins comparés aux infirmières et plus faible s'il y avait une grande activité de gestes endoscopiques.

L'éditorial d'Endoscopy accompagne une étude conduite au Brésil, sur l'adhésion aux prescriptions d'hygiène des mains dans l'unité d'endoscopie digestive de l'hôpital Sirio-Libanais de la ville de Sao Paulo qui est un des bons hôpitaux de la ville. Ces consignes pour l'hygiène des mains comportent 5 sections :1 - avant de toucher le patient 2 - avant un procédé aseptique 3 - après exposition directe aux fluides (sang) du patient 4- après avoir touché le patient 5 - après avoir touché des patients environnants. L'étude Brésilienne ne comptabilise pas les accidents infectieux liés à la pratique de l'endoscopie digestive, mais analyse l'impact des séances éducatives sur le respect des règles de bonne hygiène conduites au sein d'une équipe. Ces séances sont fondées sur les règles prescrites en 2009 par l'Organisation Mondiale de la Santé sur le site http://www.who.int/gpsc/en/. Une observation directe de la pratique a lieu avant la séance de formation, un mois après, puis 10 mois après. Il faut noter que seulement 19 % des médecins ont participé à la séance de formation alors que le taux de participation des infirmières variait de 85% à 100 %. Le respect de ces règles par l'ensemble du personnel est passé de 21,4 % avant l'intervention à 63,3 % un mois après, puis à 73,5 % 10 mois après. L'adhésion aux règles est passée chez les infirmières de 30,7 % avant l'intervention à 83,3 %, 10 mois après. Chez les médecins les chiffres respectifs sont plus faibles: 15 % avant et 69,4 %, 10 mois après.

En conclusion une grande amélioration de l'hygiène des mains en endoscopie digestive est encore justifiée. Le respect des bonnes règles est particulièrement faible (8,3 %) pour un procédé aseptique avant les séances de formation et ne s'élève qu'à 57,1 %, 10 mois après ces séances. Il faut enfin remarquer que chez les médecins le respect des règles d'hygiène des mains est plus faible que chez les infirmières.

René LAMBERT
Septembre 2013 - 47

Références : Beilenhoff U. Hand hygiene - an underestimated issue in endoscopy ? Endoscopy, 2013 - 45, 416-418 / Erasmus V, et al Infect Control Hosp Epidemiol. 2010 ;31:283-94 / Santos LX et al. Improving hand hygiene adherence in an endoscopy unit. Endoscopy , 2013, 45; 421-425

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 10:30

La "place du patient" est un thème d'actualité, dans un débat amené par les associations de patients depuis 15 ans qui a vu son point d'orgue avec la reconnaissance des droits des patients par la loi Kouchner de 2002. Depuis, les termes du débat ont évolué ... comment qualifier la place du patient 2013 : bonne, centrale, éclairée ... La réflexion de l'auteur publiée dans le HUFF POST du 26 juillet 2013, nous amène sur un autre terrain, celle de la liberté dans la relation du point de vue du patient ... AAM

Par Benjamin Pitcho Avocat à la Cour, maître de conférences en Droit privé

Dans une précédente chronique, nous évoquions les abus du langage de la scène pour désigner la relation de soins contemporaine. Le patient y est en effet qualifié d'acteur tandis que les associations d'usagers permettent d'organiser une représentation de ces derniers, qui sont rendus vulnérables lors de l'acte médical. Ce faisant, nous avons proposé une nouvelle lecture de cette relation, permettant de mieux qualifier les personnes bénéficiant de la prestation de soins. Or, il faut l'avouer, cette démarche est un échec.

Dépasser le patient acteur

En effet il n'existe pas, à notre connaissance, de mot permettant à la fois de désigner ces individus, caractériser leur rôle actif, reconnaître leurs droits, ou encore démontrer leur vulnérabilité, mais sans s'y attarder, etc. Ni le malade, ni le patient, ni l'usager et certainement pas l'acteur n'y parviennent. Il serait alors possible de s'interroger sur une telle absence: c'est grave docteur? Nous pensons l'inverse et, devant notre échec antérieur, nous proposons de nous en remettre à l'ancienne sagesse et ainsi utiliser le vocabulaire le plus banal qui puisse être: le malade est une personne. La simplicité de ce vocabulaire permet de révéler, par delà son apparente banalité, la multiplicité de l'humain et l'irréductibilité de son altérité. Généraliser cette dénomination entraîne de plus trois avantages principaux. En premier lieu, le malade n'est pas réduit à son état. Traiter une personne de malade - ou pour certaines pathologies neuro-dégénératives, de dément- procède d'un glissement dans l'appréhension qui en est faite, pour ne finir par voir en lui que la pathologie. Le malade est de surcroît, dans sa souffrance, dans un nécessaire état de vulnérabilité. Nul, sauf les médecins précisément, ne peut y changer quoi que ce soit. Il nous appartient cependant, comme une obligation, de continuer à voir en lui une personne et nous forcer à nous élever à sa constante reconnaissance. En faire fi, c'est risquer de faire d'un état de santé asymétrique une domination inadéquate. Le recours systématique au terme de personne permet, à l'image des théories de Levinas, de forcer notre reconnaissance de l'autrui malgré son état éventuel de dépendance physique, psychique ou même cognitif face au savoir du soignant. La personne ne contient cependant pas directement de référence à la vocation active du malade. Elle ne l'exclut toutefois pas. Si le terme de patient est pour sa part en voie d'abandon, c'est bien qu'il inclut une passivité qui ne reflète nullement les évolutions législatives. À l'heure de la démocratie sanitaire, à l'aide des associations d'usagers, à l'époque du web 2.0, le malade ne peut plus être considéré comme un simple individu passif. Le patient modèle, docile et soumis au sachant, représente l'archétype de la figure honnie et réprouvée du paternalisme médical. Et pourtant...

Offrir l'abandon (de soi)

Il pourrait être intéressant de laisser les malades qui souhaitent s'abandonner dans les mains des soignants la possibilité de le faire. Tous n'ont pas vocation à être acteurs. Il serait même possible d'affirmer que l'un des paroxysmes de la relation de soins représente une confiance aveugle d'un malade en un professionnel bienfaisant. Nul abus d'un "pouvoir médical" ici, non plus que volonté de toute puissance, mais une capacité au contraire à prendre en charge l'abandon volontaire du malade, quelles qu'en soient les causes, dans une modestie avouée, reconnue et in fine, très humaine. Il semble pourtant que le législateur n'imagine plus dans les malades que des individus surinvestis dans leur santé. Le modèle est à n'en pas douter louable, mais il ne répond ni à la réalité ni à un objectif souhaitable. Il est abusif d'attendre un tel rôle de la part de tous les malades. Tous n'ont pas la volonté, ni l'envie et parfois même pas les moyens matériels pour s'investir ainsi. Il convient de veiller à ne pas remplacer le patient docile par un nouveau "super héros", conquérant et triomphateur de la lutte contre sa maladie. Souvenons-nous en effet de ces campagnes rappelant les millions de "héros ordinaires" ayant vaillamment combattu leur maladie. Quid des autres? Ceux qui ont renoncé? Ceux qui ont perdu? Ceux qui ne souhaitent pas ou plus se battre? Ceux qui ne peuvent pas ou plus le faire? Doit-on les tenir exclus de notre représentation, alors que le combat mené contre la maladie, et contre la mort, est par principe illusoire ?

La nécessaire reconnaissance de la personne

Figer les patients comme des acteurs surinvestis n'est pas leur rendre service. C'est trier les bons acteurs et rejeter les mauvais malades, dans une sorte de casting -encore le théâtre- morbide qui ne peut qu'entraîner frustration et exclusion des plus vulnérables. Sans compter les dangers qui guettent ceux-là, du déremboursement en cas de défaut d'observance à l'absence de prise en charge si leur maladie est rétive aux soins et protocoles dessinés pour eux. Est-ce là le modèle qui doit être perpétué? Au regard des contraintes économiques du système de santé, comme de l'amélioration des conditions de prise en charge de certaines pathologies, il est aisé de constater que certaines maladies autrefois mortelles à court terme se sont chronicisées. Maintenir son emploi, poursuivre une vie sociale, préserver une vie familiale et une intimité quand la médicalisation de sa vie et parfois de son domicile prend une place disproportionnée, est une gageure extraordinaire. N'exigeons donc pas de ces personnes qu'elles soient davantage des héros tant elles doivent déjà l'être pour pallier les insuffisances de nos lois, de l'information diffusée comme de l'organisation du système de santé. Dans toute personne existe nécessairement une vulnérabilité, des souffrances, des frustrations et des pulsions. Une histoire et un avenir, aussi réduits fussent-ils. Chacun porte de même des velléités de défendre des valeurs et des croyances, comme de se défendre ou, à un moment, de s'abandonner. Là réside son authentique liberté, dont nous ne devons jamais la priver. Tâchons activement de reconnaître ce droit à toute personne, qu'elle soit un malade, un patient, un acteur ou un usager. Et ne craignons pas l'emphase du poète pour le faire: "Liberté, j'écris ton nom".

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 10:23

Un point de vue inhabituel dans un style enlevé qui nous enchante, voilà un texte emprunté au HUFF POST Publication du 24 juillet 2013 qui tente de répondre à cette question essentielle ... du côté du médecin. Est-ce que nos malades pourront commenter de leur côté . ... AAM

Par Dr. B Médecin, animateur du blog "Alors voila"

Alors voilà, l'autre nuit, je marchais au bord de l'eau, abandonné à cette seule vraie liberté qu'est le vagabondage, quand je me suis posé une question : Pourquoi existe-t-il un clivage entre les soignants et les soignés? Je n'ai pas la prétention de détenir de vérité universelle. Juste trois idées très personnelles :

Il aura beau s'habiller en blanc et être aussi charmant que Georges Clooney, un porteur de mauvaises nouvelles reste et restera toujours un porteur de mauvaises nouvelles. On a rarement envie d'aller payer un coup à l'homme qui vous annonce que Maman va mourir dans d'atroces souffrances (sauf si Maman est riche et s'appelle Folcoche...).

Il existe la même proportion d'imbéciles dans la population médicale/para-médicale que dans la population générale. Parfois, les patients tirent le mauvais numéro.

Prenons Spiderman (quelle entrée en matière!): il s'agit d'un jeune homme piqué par une araignée radioactive grâce à laquelle il développe différents supers-pouvoirs. La phrase qui revient dans chaque bande dessinée de Spiderman est la suivante: "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." Y a-t-il un grand pouvoir à exercer notre profession? Je le pense. Il y a donc de grandes contreparties: les responsabilités de Spiderman.

Nous frayons avec la peur, la douleur, la mort. Nous sommes en première ligne. Nous traitons avec l'animalité humaine, les actions et les sentiments primaires. Je voudrais évoquer les familles de nos malades. Même l'homme le plus érudit, avec les meilleures manières du monde, se transforme en bête quand la personne qu'il aime a mal. Peu lui importe que l'équipe soignante fasse son maximum, peu lui importe que l'infirmière ne soit pas un punching-ball ou que le médecin soit, sous toutes les couches de savoir agglomérées pendant ses études, un petit garçon terrifié. Il frappe, se débat, se démène. Et parfois, malgré les efforts désespérés de tous, il perd sa bienveillance pour les soignants. Et, là, ça devient compliqué, parce qu'il y a clivage.

Alors que l'équipe soignante revêt son armure préférée, celle avec les coudières blanches et les grosses coques d'épaule, celle qui atténue la douleur, celle qui te fait revenir au boulot le lendemain, parce qu'il y aura d'autres personnes à aider, à sauver, l'homme s'enfonce. Il ne se couvre pas lui. Au contraire. Il devient la douleur primale. Celle de son proche. Et il descend, descend. Bien sûr, il finira par remonter. Mais il ne le sait pas encore. Et du fond de son trou, il voit les guerriers en armure aller et venir. Et il se sent petit, et seul. C'est ce moment, intime, minuscule, le temps de l'observation, de l'incompréhension, cet instant-là, qui crée de la rancoeur. Il ne sait pas que cette armure, celle que nous portons et qu'il déteste, va permettre au médecin/aide-soignant/ infirmier de sauver, plus tard, cette autre personne qu'il aime, que cette armure sera le point d'ancrage dont il aura besoin quand il se sentira devenir fou d'inquiétude pour son enfant, son ami, son...

Dans cette phrase s'inscrit la pensée selon laquelle il existe un équilibre nécessaire dans toute chose. Nous, médecins, mettons au monde, soignons, soulageons, guérissons, sauvons. C'est notre quotidien. Soigner, soulager, guérir, sauver. Mais si notre travail n'était QUE cela, même la personne la plus équilibrée du monde développerait un complexe de Dieu.

La vérité est que nous ne pouvons pas pleurer avec nos malades... Mais l'homme, il se souviendra juste de ce moment au fond de son trou, à observer sans comprendre. Parce que c'est plus facile d'en vouloir à des humains que d'en vouloir à la fatalité.

Simplement parce que la fatalité est indifférente au mal qu'elle fait. Alors que le médecin, lui, sous son armure, il peut souffrir, il peut saigner. Faire du mal à ces surhommes, qui ne vacillent pas quand toute sa vie se casse la gueule, parait être le seul moyen de se sentir moins petit, et moins seul. Le médecin fait le métier le plus beau et le plus laid du monde.

Il prend un ascenseur émotionnel une bonne centaine de fois par jour, il sauve. Mais il perd. Avec le temps, il est de plus en plus difficile d'enlever l'armure... Alors, un jour, certains médecins ne l'enlèvent plus. Pas volontairement, simplement pour gagner en temps, en efficacité. Parce qu'il faut toujours «sauver plus de monde». Mais l'homme en face de lui ne comprend pas. Il ne voit que la froideur et la dureté de l'armure. Le paradoxe de notre métier ? Être l'un des plus humains qui soit tout en nous obligeant de nous protéger de notre propre humanité pour pouvoir l'exercer.

Trouver le juste milieu... Quête sacrée...

N'ayons pas honte de montrer que nous sommes nus sous nos blues. Pour que ce moment d'incompréhension où la fracture se fait cesse d'être un espace de déchirure mais un simple lieu de réconciliation. Ce fossé entre nous est profond et ancien. Il croît. Le combler prendra du temps, ce sera un travail de tous les instants, de la part de la nouvelle génération de soignants et de soignés. Mais j'ai confiance: d'abord j'ai «grandi» avec eux. Ensuite je les connais très bien: je raconte leurs histoires. Un jour viendra où nous n'aurons plus besoin d'hôpitaux. On inventera une pilule panacée, un miracle qui guérit toutes les maladies et efface les douleurs. En attendant ce moment-là, dans très très longtemps, il y aura toujours des Hommes debout chargés de relever des Hommes couchés pour les garder au monde. Ce geste, ce bras tendu, c'est ce qui nous sépare de la barbarie et de l'anarchie, c'est ce qui fait l'humanité en l'homme et le rend plus beau que ses divinités. Tant qu'il y aura le SOIN nous serons des Hommes. VRAIMENT.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:47

Un article paru sur Scoop-it, le site de l'info médicale qui apporte un point de vue intéressant ... et évident ! AAM

Si l'intérêt des Français pour la recherche d'informations relatives à la santé reste à nuancer, ceux qui le font permettent de faire émerger un nouveau type de patient : le patient connecté, ou e-patient.

Avec l'arrivée des outils que sont Internet puis les appareils mobiles, les usages des patients se modifient progressivement. En effet, un sondage de TNS Sofres réalisé pour LauMa Communication et Patients & Web révèle que 57% des internautes ont déjà recherché des informations concernant la santé. L'étude, conduite sur une période d'un mois, a permis d'interroger un millier d'internautes et d'établir plusieurs constats. Entre autres, le web renforce la relation entre patient et médecin : pour 61% des personnes, Internet leur permet de mieux prendre en charge leur santé ou celle d'un proche, et 58% jugent plus riches leurs échanges avec leurs médecins. Christine Balagué, Vice-présidente du Conseil National Numérique, explique lors de la conférence ‘A la recherche du e-patient’ : « qu'Internet permet de réduire l'asymétrie des informations entre patients et médecins ».

L'émergence du e-patient

Entre autres, si le web peut renforcer la relation entre patient et médecin, le dilemme de l'expertise reste encore très présent dans les esprits. Le docteur et professeur Chauvin de l'Université de Saint-Etienne explique lors de cette même conférence : « Internet pose le souci de l'expertise et de la validation d'une information. Le processus de décision médicale est en train de changer. Il me semble que la nouvelle relation qui s'institue aujourd'hui consiste à affronter deux expériences : celle du patient et celle du médecin. En outre, il faut former les médecins à la négociation et leur faire comprendre l'importance de capitaliser les expériences de leurs patients.» Les deux approches sont complémentaires : pour 63% des cas, les recherches sont effectuées afin de mieux comprendre les propos de leur médecin ou pour poser de meilleures questions pour 42% des personnes.

Un patient mobile

Si, pour une large part des utilisateurs, l'ordinateur de bureau demeure la référence afin de consulter des informations sur la santé, les appareils mobiles occupent une place grandissante dans les usages des patients. 28% des utilisateurs de la santé numérique effectuent leurs recherches via l'entremise d'un smart-phone ou d'une tablette, et un cinquième de ces internautes ont téléchargé une application mobile. Ces derniers chiffres traduisent une autre réalité du patient connecté : plutôt riche en moyenne, les franges de la population avec le moins de moyens ne s'intéressent pas à la consultation d'informations relatives à la santé sur Internet.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 12:05

Un article du Dr Jean-François Rey pour la Lettre de l’UMESPE que nous relayons tant d’évidence, le suivi des malades chroniques implique une révolution des pratiques ... et des esprits qui suppose que ce n’est pas pour demain qu’il y aura une optimisation de la coordination entre ville et hôpital. Le meilleur coordinateur est toujours le malade lui-même, quitte à y perdre un peu plus de sa santé tant le système est lourd et complexe parfois ! AAM

Depuis plusieurs années, le monde de la Santé, dans son ensemble, milite pour la prise en charge des pathologies chroniques en médecine ambulatoire pour éviter ainsi des hospitalisations inutiles et coûteuses. Malgré l’agitation de la Fédération Hospitalière de France et sa politique offensive vis-à-vis de la ville en proposant ses services, notamment face aux déserts médicaux, il est un fait reconnu par tous les économistes de la Santé : les structures hospitalières publiques constituent, comme l’enseignement, un mammouth qu’il faudrait dégraisser mais qu’aucun politique de droite et de gauche n’ose attaquer frontalement par craintes de grèves mais, également, de sensibilités électorales. L’Assurance Maladie a réussi, grâce à la maîtrise médicalisée prônée par la CSMF, à rationaliser les dépenses de ville sans mettre en cause la qualité des soins avec des économies visibles au cours de ces 3 dernières années où l’ONDAM de ville n’a pas été totalement utilisé.

Dans ce cadre, il faut identifier des parcours de soins impliquant l’ensemble des acteurs, ce qui va bien au-delà du couple médecin traitant/médecin correspondant mais, aussi, tous ceux qui concourent dans notre système de soins à la prise en charge des patients. En fonction des pathologies, il faut imaginer un PRADO modernisé qui ne peut être conçu par les seuls responsables de l’Assurance Maladie car il y a, manifestement, un conflit d’intérêts entre le fond et la forme puisque le payeur ne peut être seul celui qui décide la pertinence de ce parcours du fait de son intérêt financier à le réduire à une médecine administrée avec, paradoxalement, le concours des ARS. Il faut, comme nous l’avons fait dans la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique qui a remplacé le CAPI, que face, à une page blanche, l’ensemble des acteurs se mettent autour d’une table ce qui implique, bien sûr, les responsables professionnels représentés au sein de l’UNPS, en donnant ainsi une structure et un contenu à l’ACIP mais, également, les responsables de l’Assurance Maladie en associant à ce dialogue, la Haute Autorité de Santé qui a été mise de côté, au cours de ces dernières années, du fait d’une relative lenteur lors de sa mise en place et dont la Direction actuelle a montré sa volonté de s’impliquer, d’une manière pratique, dans l’évaluation et les propositions. La formule du PRADO doit disparaître car elle est, actuellement, au bout de la logique et ne peut qu’entraîner des critiques justifiées de la part de ceux qui soignent les patients au quotidien.

Il ne faut pas compter sur les structures hospitalières pour faciliter cette prise en charge, les critiques, les propositions administrées se multiplient pour créer un écran de fumée et éviter le véritable débat de fond. D’ailleurs, il est évident que les consultations publiques hospitalières se multiplient car elles apportent un bénéfice financier à l’hôpital mais, également, renforcent l’hospitalo-centrisme. Il est d’ailleurs étonnant que la défense de l’hôpital public, c’est-à-dire l’absence de volonté de transparence, rapproche, dans un consensus inédit et paradoxal, le Président de la République, ancien candidat socialiste, et le Président de la Fédération Hospitalière de France, Maire UMP.

Enfin, dernier élément, outre des protocoles impliquant tous les acteurs, il faudra déterminer, dans chaque circonstance, qui assure la coordination en sachant que ce rôle peut être attribué, en fonction des pathologies, à n’importe quel professionnel de santé. Bien évidemment, le médecin traitant aura souvent un rôle majeur mais non exclusif, de même que, dans certaines circonstances (en néphrologie par exemple), c’est le médecin consultant qui devra jouer ce rôle et, bien sûr, tous les professionnels médicaux ou paramédicaux devront être inclus dans cette coordination en fonction de leurs spécificités et de la pathologie du patient concerné. Dans ce cadre, il est indispensable que des forfaits soient mis en place, de manière pérenne, à travers l’Assurance Maladie, comme ceci était déjà assuré pour la permanence des soins, pour que ceux-ci fassent partie intégrante des négociations conventionnelles tarifaires. Il ne faut pas avoir recours à des fonds spécifiques comme le FIR, cela fige les enveloppes et conduit les ARS, chaque année, à faire des arbitrages différents ; l’exemple des « maisons de gardes », dont beaucoup se trouvent en dépôt de bilan, doit nous rester à l’esprit. Pour nous, il ne faut pas des structures organisées par les maires qui bâtissent des murs et cherchent après à les remplir, mais c’est toute l’initiative des professionnels de santé libéraux qui doit être facilitée et encouragée et le terme « facilité » étant à l’opposé de celui « d’assisté ».

Nous espérons que les sages proposeront quelques mesures spécifiques dans ce domaine pour que l’on passe, enfin, de la théorie à la pratique. La prise en charge des pathologies chroniques en ville est indispensable, d’abord pour les patients mais, aussi pour l’efficacité financière de notre système de soins et, en vidant l’hôpital d’une partie d’activité qui n’a pas lieu d’être, c’est aussi une fongibilité asymétrique des enveloppes qui doit être mise en place.

Dr Jean-François REY

Le blog de Jean-François Rey avec son franc parler sur la santé et beaucoup d’autres choses qui nous concerne http://jfrey.blog.lemonde.fr/

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 16:16

Publié le vendredi 14 juin 2013 sur la newsletter de DigestScience. AAM

Une étude récente a été menée aux États-Unis, de l'Alaska à la Floride afin de rechercher si le même phénomène était observé.
Les auteurs ont exploité les résultats de 2 cohortes prospectives d'infirmières soit 175.912 femmes suivies régulièrement depuis 1976 pour l'une et 1989 pour l'autre.
Des chiffres très proches de ceux observés en Europe ont été constatés : 257 femmes ont développé une maladie de Crohn (MC) et 313 une rectocolite hémorragique (RCH) donnant une incidence annuelle de 5,6 à 10,3 selon l'âge pour la MC, et 6,2 à 12,9 pour la RCH.
En prenant en compte le lieu de résidence à la naissance et aux âges de 15 et 30 ans, c'est celui à 30 ans qui semble être le plus influent avec une incidence de rectocolite hémorragique diminuée de 36% et de MC diminuée de 53% pour les femmes résidents au sud des États-Unis par rapport à celles habitant le nord.
Les femmes habitant une latitude moyenne avaient des incidences intermédiaires.
L'effet du lieu de résidence à la naissance et à 15 ans était moins marqué, à la limite de la signification statistique.
La gravité des maladies n'étaient pas différente du Nord au Sud.

Que se passe t-il dans le nord?

Si le moindre ensoleillement semble évident, d'autres facteurs sont possibles : la pollution de l'air, les variations de température corporelle, le mode de vie plus décontracté, l'humeur plus optimiste, la qualité des fruits et légumes...
Plusieurs arguments sont en faveur de l'ensoleillement par l'intermédiaire d'une carence en vitamine D dont le rôle anti-inflammatoire est connu (notamment par action suppressive sur la réponse immunitaire T). Il existe ainsi des modèles de colite expérimentale chez la souris déficiente en vitamine D, ou plus fort encore, chez la souris invalidée pour le récepteur de la vitamine D
En utilisant un indice de prédiction de la valeur sérique de vitamine D (prédit par l'exposition), les auteurs de cette étude ont montré qu'un taux sérique élevé était associé à une moindre incidence de MC.

Ces travaux méritent bien sûr d'être étoffés avant d'envisager la vitamine D comme traitement préventif ou curatif.

Références

Khalili H, Huang ES, Ananthakrishnan AN, Higuchi L, Richter JM, Fuchs CS, Chan AT. Geographical variation and incidence of inflammatory bowel disease among US women. Gut. 2012; 61: 1686-92.
Division of Gastroenterology, Massachusetts General Hospital, Harvard Medical
School, Boston, Massachusetts 02114, USA.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 11:51

L'association François Aupetit vous propose différentes possibilités de contact avec des bénévoles formés ou des professionnels pour tous les moments où le poids de la maladie devient insupportable ... ou tout simplement pour partager avec d'autres personnes qui ont l'expérience de la maladie au quotidien.

1/ La ligne de soutien 0 811 091 623 (du lundi au vendredi de 14h à 18h) :

2/ Le coaching santé de La Maison des MICI : un programme adapté à vos besoins

3/ L'accompagnement individuel : des professionnels (assistante sociale, diététicienne, juriste, psychologue, sophrologue, ...) ou des bénévoles répondent à vos demandes ou vous orientent vers les différents services proposés par l'association ou ses partenaires.

4/ Les rencontres de groupes (tékawas, mikikawas ...), partout en France, l'échange et le soutien avec d'autres malades de Crohn ou de rectocolite hémorragique ou des proches ...

5/ L'éducation thérapeutique (ETP) : dans de nombreux hôpitaux, des "patients-experts" de l'afa interviennent aux côtés de professionnels de santé pour vous aider dans le quotidien avec la maladie.

6/ Les groupes : que vous soyez adolescent, parent, jeune adulte de 18 à 30 ans ou stomisé, vous trouverez la possibilité d'échanger avec d'autres malades concernés (par téléphone, sur rendez-vous ou sur les réseaux sociaux et forums).

7/ Des week-ends sont proposés aux Familles (parents et enfants), aux Jeunes adultes, aux stomisés pour échanger et trouver des ressources.

8/ Un stage de 8 jours pour les adolescents est proposé en juillet pour mieux vivre avec et se projeter dans l'avenir.

9/ Un stage estival de 8 jours des jeunes adultes a lieu en août pour échanger et se projeter dans l'avenir.

De nombreuses possibilités de soutien individuel ou en groupe sont proposés suivant les régions, contactez votre délégué local ou regardez les pages régionales du site de l'afa : www.afa.asso.fr

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 11:43

L'association François Aupetit, vaincre la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, vous propose désormais une assurance sur votre prêt immobilier avec une tarification adaptée.

En collaboration avec le cabinet de courtage EURODITAS et l'assureur Quatrem, un contrat "groupe" vous permet d'obtenir des tarifs très adaptés incluant pour la première fois les arrêts de travail même provoqués par une poussée de votre Crohn ou de votre rectocolite hémorragique (avec franchise).

Vous trouverez tous les renseignements sur le site de l'afa : www.afa.asso.fr (dossier à télécharger)

Une condition : être membre de l'afa

L'afa recommande à tous les malades de Crohn ou de rectocolite hémorragique de faire plusieurs devis concernant les assurances de prêt immobilier (surtout ceux qui sont proposés par la banque qui prête !) en comparant les garanties proposées. AAM

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 10:50

L'association François Aupetit, vaincre la maladie de Crohn et la recto-colite hémorragique, propose différents moyens pour vous informer :

1/ La ligne 0 811 091 623 du lundi au vendredi de 14h à 18h : un interlocuteur formé vous renseigne ou vous oriente vers les spécialistes afa (assistante sociale le lundi 14h18h/diététicienne le mardi 14h18h/ juriste et psychologue sur rdv) ou du réseau MICI). En tapant votre numéro de département vous pouvez joindre notre réseau de délégués de proximité en fonction de leur disponibilité.

2/ Le site institutionnel de l'association François Aupetit : www.afa.asso.fr vous propose des dépliants à télécharger en plus de l'information générale sur la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sur la Recherche et surtout sur le "vivre avec" quant on est ado, jeune adulte, si on a un projet d'enfant, etc. Un accent est mis sur l'alimentation bien entendu. Des infos sur l'actualité médicale, de l'association et des nombreux événements dans toutes les régions de France ! La V2 du site proposera encore plus d'infos !

3/ Le portail internet d'information : www.infomici.fr propose tous les articles parus dans les sites validés des partenaires. Un moteur de recherche cible toutes vos demandes : tapez grossesse et vous aurez tous les articles publiés dans différents sites ... Deux entrées : Malades et proches et Professionnels de santé.

4/ L'application afa MICI pour smartphone et Iphone : information du jour et des régions, réseaux des professionnels des MICI (hôpitaux, diététiciens, tabacologues ...), échanger sur les forums et surtout le réseau Toilettes de proximité que vous pouvez aussi renseigner pour les autres malades. Un outil pour circuler tranquille partout en France.

5/ L'afa magazine : les membres de l'afa, malades de crohn ou de rectocolite hémorragique, proches ou sympathisants, le reçoivent tous les 6 mois : dossiers et Recherche, vie des régions, tout sur l'afa et les MICI !

6/ La web TV de l'association François Aupetit http://vimeo.com/user12238870 sur Viméo vous propose de plus en plus de film destinés à mieux connaître les MICI, l'afa, l'environnement de la recherche, etc.

7/ Enfin, le site partenarial www.vousnetespasseul.fr vous propose en images des conseils et informations. A voir absolument !

Parcourir ces différents sites c'est se donner des armes dans le quotidien avec la maladie de Crohn ou la recto-colite hémorragique. AAM

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 08:55

Dépassements d’honoraires, déremboursements, franchises … chaque malade connait la double peine des surcoûts en santé malgré la prise en charge dite à 100%. L'afa soutient cette initiative qui montre bien les disparités territoriales et sociales. Nous ne sommes pas tous égaux en matière de coût de la santé ! Lisez le très intéressant dossier de presse en PJ. AAM

Communiqué du 27 mai 2013 :

Face à la montée des dépenses de santé non remboursables par l’Assurance maladie, le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), le magazine 60 Millions de consommateurs et la société Santéclair ont annoncé le 27 mai la création de l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé. Son objectif est de suivre l’évolution des sommes restant à la charge de l’usager, notamment en lien avec la progression des tarifs médicaux.

Premier focus : les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes

En 2012, les Français ont versé 40 milliards d’euros aux professionnels de santé exerçant à titre libéral, toutes professions de santé confondues : médecins généralistes et spécialistes, dentistes, auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs kinésithérapeutes, pédicures, orthophonistes…). Sur ce total, 13 milliards d’euros, non remboursés par l’assurance maladie obligatoire, sont restés à la charge des patients ou de leur assurance complémentaire.

Pour sa première présentation, l’Observatoire s’est plus spécifiquement penché sur les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes. En 2012, ces derniers ont facturé plus de 2,3 milliards d’euros au‐delà des tarifs de la Sécurité sociale, un total en augmentation de près de 9 % en deux ans.

D’importantes disparités sectorielles et régionales

L’analyse fait apparaître que, dans certaines spécialités (chirurgie, gynécologie‐obstétrique, ophtalmologie, ORL), les médecins pratiquant des dépassements d’honoraires sont désormais majoritaires. Et il existe de véritables zones noires pour les patients, en Ile‐de‐France et Rhône‐Alpes notamment. À Paris, toutes spécialités confondues, un patient consultant un médecin spécialiste devra ainsi débourser en moyenne, pour chaque acte, 37,70 € au‐dessus du tarif de la Sécurité sociale, contre 15,90 € en moyenne nationale !

L’évolution des restes à charge en santé sous surveillance

À de tels niveaux, les dépassements d’honoraires posent un véritable problème d’accès aux soins, notamment pour les personnes qui ne disposent pas d’une couverture complémentaire. Ils nécessitent, tout comme l’ensemble des tarifs des produits et prestations de santé, une véritable vigilance citoyenne à laquelle l’Observatoire entend contribuer en mettant sous surveillance l’évolution des restes à charge pour les usagers.

Dossier de presse de l'Observatoire Citoyen : les coûts de la santé

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